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Le concours courriel que personne n'ouvre (et ce qui marche)

Par l'équipe HomiesMis à jour le 27 juillet 2026 5 min

Rassemblement des Tam-tams au pied du mont Royal
Photo : Genséric Morel — CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

L'essentiel

Un concours par courriel achète des adresses, pas de l'attention : la participation se résume à un clic vite oublié, dans une boîte de réception saturée. Un concours ancré dans le réel — où participer veut dire se déplacer, chercher, accomplir — produit l'inverse : un souvenir, un attachement au lieu, et une participation qu'on peut observer plutôt que deviner.

Le rituel est connu : « Abonnez-vous à l'infolettre et courez la chance de gagner. » On récolte des adresses, on tire un gagnant, on envoie le courriel d'annonce. Et ensuite ? Les mêmes adresses reçoivent les prochains envois — dans une boîte de réception où elles ont déjà cessé d'ouvrir quoi que ce soit.

Ce qu'un concours courriel achète vraiment

Une inscription à un tirage est le geste le moins engageant qui existe : quelques secondes, aucun déplacement, aucune décision. La personne ne s'est pas engagée envers votre organisation — elle s'est engagée envers le prix. Une fois le tirage passé, il ne reste rien : pas de souvenir, pas d'habitude, pas de raison de revenir. La liste grossit, l'attention diminue.

L'effort crée l'attachement

C'est un mécanisme bien documenté en psychologie : on accorde plus de valeur à ce qui nous a demandé un effort. Un prix gagné en marchant, en cherchant, en découvrant un lieu qu'on ne connaissait pas vaut plus — subjectivement — que le même prix gagné par tirage au sort. L'effort transforme la récompense en histoire personnelle : « je l'ai trouvée », pas « j'ai été pigé ».

La participation visible entraîne la participation

  • Un concours courriel est invisible : personne ne voit personne participer, donc personne n'a envie de s'y mettre.
  • Une activité dans l'espace public se montre : des gens qui cherchent, qui s'arrêtent, qui se prennent en photo — c'est de la preuve sociale en pleine rue.
  • Chaque participant devient involontairement un ambassadeur : sa présence pose la question « qu'est-ce qui se passe ici ? » à tous ceux qui passent.

Et côté données, tout change

Un concours courriel se mesure en taux d'ouverture — une métrique qui décrit votre infolettre, pas votre communauté. Une participation terrain se mesure en gestes réels : qui s'est déplacé, où, quand, jusqu'où les gens sont allés. Pour une organisation qui doit rendre des comptes — à un conseil, des membres, des élus — la différence entre « 2 000 inscriptions au tirage » et « des centaines de personnes qui ont traversé le quartier » n'est pas cosmétique : c'est la différence entre une liste et une preuve d'impact.

Le test simple

Avant de lancer votre prochain concours, posez la question : est-ce que la participation laissera un souvenir ? Si la réponse honnête est « la personne remplira un champ courriel et n'y pensera plus jamais », le prix ne changera rien. Si participer veut dire vivre quelque chose — marcher, découvrir, accomplir — alors même ceux qui ne gagnent pas repartent avec quelque chose.

Questions fréquentes

Les concours par courriel sont-ils encore utiles ?

Pour faire grossir une liste d'envoi, oui. Pour créer de l'engagement réel envers un lieu, un quartier ou un événement, non : l'inscription à un tirage ne crée ni souvenir ni habitude.

Comment mesurer l'engagement d'un concours terrain ?

Par les gestes physiques qu'il déclenche : présences validées sur place, parcours complétés, zones visitées — des données d'action, pas des taux d'ouverture.

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